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Beau fixe ?

13 octobre 2016

  1. On connaissait déjà plein de trucs pour booster sa longévité : les bienfaits de 10 fruits et légumes par jour (bio c’est encore mieux), de l’huile d’olive, d’une activité sportive régulière, du sexe tri-hebdomadaire, d’un régime sans gluten, sans protéines animales, de deux verres de vin rouge (naturel ?) par jour, du compte pénibilité au travail, des mots croisés… 

On apprend aujourd’hui que lire régulièrement permet également de vivre plus longtemps. Les chercheurs de l’université de Yale viennent en effet de démontrer que si l’on consacre trente minutes quotidiennes à la lecture, ou trois heures trente par semaine, on augmente, outre son capital cognitif, son espérance de vie de 23% sur douze ans. Cette analyse, obtenue à partir des témoignages de 3635 personnes âgées de plus de 50 ans, précise l’objet des lectures: il doit s’agir de livres, de préférence épais, et non de magazines people. Donc, même en ingurgitant les deux derniers succès de librairies de N.Sarkozy, on a une chance supplémentaire de finir centenaire. C’est dire aussi, pour une bonne hygiène de vie, le prix à payer.

Ca reste une bonne nouvelle, car ayant adopté depuis deux ans un mode de vie totalement sédentaire, tout en restant fidèle au Comté 15 mois d’affinage et à la charcuterie corse, la lecture est devenue ma principale activité après le sommeil. De là à me projeter nanogénaire à roulettes, ou davantage, il n’y a qu’un pas. (Encore que dans mon cas, un pas, ça reste compliqué).
Mais ai-je réellement le désir de passer encore 40 ans dans un fauteuil, même à assistance électrique ? Ni la grande dépendance, ni la décrépitude physique ne devraient m’effrayer, je suis désormais en terrain connu. Mais tout de même, pas sûr que le concept me branche. Vivre dans l’ombre sans jouir du soleil, ne plus attendre grand chose mais se souvenir de tout, voir disparaître un à un ceux que j’aime et plein d’autres choses moches…Non, honnêtement, je n’ai pas spécialement envie de m’éterniser ni de faire du rab.

Pourtant, il faut bien admettre que cet été 2016 a marqué une nouvelle phase dans mon long processus de deuil. Même s’il est sans doute impossible de se remettre un jour totalement de la perte de sa vie d’avant, il y a un moment où les choses s’apaisent, où vous passez clairement un cap. Ma désormais traditionnelle coupure estivale bourguignonne fût presque délicieuse. Une maison plus agréable grâce aux travaux préalables effectués par ma “belle” famille, que je n’ai sans doute pas assez remerciée, la bienveillance de ma propre famille, de belles et longues balades en fauteuil et poussette à travers les vignobles ensoleillés, une sélection particulièrement judicieuse d’ouvrages littéraires, des phases de silence inespérées, la cuisine simple et bienfaitrice de ma mère, l’abnégation de mon père, qui durant une semaine tenta de transformer deux tondeuses à gazon bonnes pour la casse en une seule tondeuse qui fonctionne, mon admiration quand il réussit, des visites moins fréquentes mais plus réjouissantes, des périodes plus intimistes avec mes très proches, notamment ma fille Agathe qui fut prise de véritables élans de tendresse et de complicité à mon endroit… J’avais presque des regrets de rentrer à Lyon.

Mais, même de retour en ville et au taf, la période, à l’instar de la météo, continuait d’être au beau fixe. J’en profitais pour retrouver avec bonheur mes semblables : les “anciens” de l’hôpital Henri Gabriel et notamment mon pote Johnny, qui affiche comme souvent le petit moral du tetra englué dans les prémisses de son processus de deuil, le team Tetra du Cybathlon lors d’un barbecue dominical chez Vance, dans une banlieue pavillonnaire chic dont les résidents, pas davantage que les logements sociaux ou les centres d’accueil pour migrants, ne semblent disposés à supporter les handicapés en meute. Nous en eûmes plusieurs exemples cet après-midi là.

Bien sûr, je n’oublierai pas cette dame rencontrée dans la salle d’attente de mon kiné ni encore cette aide-soignante qui m’avouaient il y a peu qu’à ma place, elles n’auraient jamais supporté ce lourd handicap et auraient préféré mourir… Certes, malgré ces ultimes provocations, je ne me départis pas de mon sourire et de mon sens de l’humour. Rien, décidément, ne pouvait altérer un moral en béton armé.

Ni le virage climato-sceptique de l’ex-président candidat, ni Donald Trump, ni la disparition brutale d’un grand ami d’enfance, ni le fait que ma fille aînée soit devenue totalement accro à la course à pied – et que j’aurais tellement aimé partager ça avec elle – , ni les désormais habituelles frustrations et petites humiliations de ma condition de légume à faible mobilité n’eurent raison de cette embellie. Enfin presque…un jeudi après-midi au bureau, je dus brutalement interrompre mes activités, congédier mes interlocuteurs et annuler mes réjouissances de la soirée, appeler ma compagne au secours pour rentrer précipitamment à mon domicile. Une gastro d’anthologie venait de me tomber dessus. Et gastro-entérite et tétraplégie ne font pas bon “ménage”, je vous le certifie. De la voiture jusqu’à mon lit, j’entrepris, dans un état semi-comateux, de me vider par tous les orifices. Grand moment de souffrance, de solitude et d’ultra-dépendance, sauvé une fois de plus par Chloé, demi-dieu proclamé et dont je suis désormais perpétuellement redevable. Car sur ce coup, vous ne pouvez compter sur personne d’autre au pied levé : ni mon médecin (en consultation), ni mes infirmiers (en pause), ni mes aides soignants (en relève), ni SOS médecins (encore en route)… La prochaine fois, j’appellerai le 15 ou le 18, ce sera sans doute plus efficace.

La suite : trois jours au lit à survivre entre nausées, diarrhées abondantes, grande lassitude, réminiscences hospitalières… Quand j’ai enfin réussi à me hisser sur mon fauteuil, j’ai dû composer avec une tension faiblarde, un teint grisâtre et des températures devenues subrepticement quasi-hivernales. L’été en avait profité pour se faire la malle. Je dois vous l’avouer, mon moral et ma bonne mine réjouie en ont pris un sacré coup.

À une semaine du Cybathlon de Zurich, les JO pour cyber handicapés, ce n’était pas vraiment de bon augure. Malgré un entraînement régulier depuis plus de 6 mois, il était de toute manière établi depuis cet été que je ne serais que pilote n°2 dans ma discipline, en qualité de remplaçant. Le règlement du Cybathlon, n’autorisait au final qu’un seul pilote titulaire par équipe inscrite. Mes partenaires Vance et Julien, beaucoup plus assidus à l’entraînement, étaient par conséquent mieux préparés,  bien plus forts et allaient pédaler pour deux équipes distinctes. Mes modestes performances, conjuguées à une grande faiblesse passagère, me faisait redouter un éventuel interim. Ce ne fut heureusement pas le cas. Mes équipiers étaient motivés et en forme, même si les circonstances ne leur furent pas toujours favorables. André, le quatrième larron de l’ ENS Team, engagé sur la compétition de BCI (brain computer interface race), qui consiste à piloter un Avatar sur écran, équipé d’un bonnet à électrodes, fut mis hors course dès le check-up médical car jugé pas suffisamment handicapé (véridique). André présente tout de même un handicap similaire au mien, ce qui me parait déjà amplement suffisant.

Vance, engagé quant à lui dans la compétition FES (functional electrical stimulation Bike race) arborait la mine concentrée des grands jours sur son superbe vélo couché en carbone super light, récemment dédicacé par Eddy Merckx, Raymond Poulidor et JC Peraud (15 victoires ou podiums sur le Tour de France à eux trois). Ça n’a pas suffit à lui porter chance, il fut victime dès la première manche de trois sauts de chaîne, chose qui ne s’est jamais produit à l’entraînement. Contraint de faire intervenir une personne extérieure pour se relancer, il fut lui aussi éliminé, le suisse allemand étant très à cheval sur le règlement. Une âpre désillusion atténuée par les perfs et l’excellente médaille de bronze de Julien, juste derrière un anglais valeureux et un américain bionique boosté aux hormones.

Partageant la déception de Vance, je me suis consolé en appréciant, contre toute attente, la qualité du spectacle proposé, constatant que si on est rarement égaux en matière de handicap, on l’est encore moins selon les technologies réparatrices employées. Comme d’habitude, Vance positive en évoquant déjà la suite et moults projets scientifico-sportifs. De quoi me rendre le sourire…

Par Michel Sorine

Michel Sorine

Directeur associé

Sportif du dimanche et directeur de clientèle  la semaine, il est aussi concepteur-rédacteur à ses heures, ça le détend.

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Il y a 19 commentaires

  • David Pauthier le 13.10.2016 à 14h42

    Michel,
    je suis heureux de lire chacun de tes écrits.

    J’ai d’ailleurs éclaté de rire à la lecture de celui-ci, à plusieurs reprises au sujet du Cybathlon.
    Mes collègues de travail me regardent d’un drôle d’air. C’est pas grave, ça fait tellement de bien.
    Merci.

  • Srine le 13.10.2016 à 17h44

    Salut Srine,

    Tu diras à Vance que si l’on gagne dès la première participation, c’est que la course était décidément trop facile. Seul Mercks justement en était capable…
    A bientôt, biz a à tous.

  • philkikou le 13.10.2016 à 21h53

    Non mais.. 2 mois et demi sans billet, ça ne ce fait pas !! Bon t’es excusé avec ce billet et cet été teinté de sérénité, zenitude, apaisement…

    Sauf quand une Gastro ( Fidèle, et de Cuba, ça va de soi..) t’as fait passé un sale quart d’heure… pendant 3 jours

    Toujours un plaisir de te lire, et d’avoir de tes nouvelles..

  • André le 13.10.2016 à 22h04

    nanogénaire à roulettes ou nonagénaire ?

  • Philippe DUBOIS le 14.10.2016 à 17h37

    L’été, les proches, l’ émulation d’une équipe et la compet…. Ca me semble être une bonne période. Comme pour une échappée : c’est la bonne…

    Je pense à toi

  • Sandrine le 14.10.2016 à 18h17

    Les vignes, ta fille, ton frère ( enfin je pense, vu la ressemblance ! ) toi … elle est très sympa cette photo, et puis pas de jaloux, chacun ses roues !
    Garde ce moral et le sourire, ça te va bien 😉
    Je t embrasse .

  • Pierre-Alain FESSY le 18.10.2016 à 9h36

    Mec!

    Tu me vends du rêve. Chacun de tes articles est un régal. Je les attend avec plus d’impatience que la drôle d’humeur de Pierre-Emmanuel Barré sur France Inter. (C’est dire!)
    C’est chouette, réellement. Je n’ai pas trop les mots pour dire vraiment ce que ca me fait ressentir. Ou je ne prends pas le temps de les chercher. Car ils doivent bien exister, ces mots.

    (Ta fille aînée ne peux pas (encore) courir en poussant ton fauteuil?!)

    On perçoit tes joies et tes peines. Et on (je?) se projette lâchement bien plus dans les joies que dans les peines.
    Même si elles sont parfois si bien décrites:

    « Vivre dans l’ombre sans jouir du soleil, ne plus attendre grand chose mais se souvenir de tout, voir disparaître un à un ceux que j’aime et plein d’autres choses moches… »

    Poésie!

    Bon, je ne sais plus trop quoi écrire en fait. Mais c’était important de l’écrire quand même. Ne serais-ce que pour te remercier. Pour te signifier encore que tu comptes pour moi. Que malgré cet accident, tu continues d’apporter beaucoup de choses à beaucoup de gens. Peut être pas les même pas qu’avant. Peut être pas autant à ceux que tu souhaiterais, mais franchement, c’est énorme. TU es énorme. De là à dire que c’est un mal pour un bien, il y a un gouffre immonde que je ne franchirai pas. Mais tu as compris j’espère le sens de mon propos.

    Merci Michel!

    Dans l’espoir de pouvoir un jour établir un contact plus réel avec toi?

    A plus dans l'(oui)bus!

    PAF

  • le coach le 18.10.2016 à 17h19

    Bon, Michel, pour résumer , tu n’es pas allé à Zurich pour rien et tu es dans un Team compétitif. D’ailleurs vous êtes mes favoris pour l’année prochaine.
    A mon avis vous ne devriez pas avoir trop de mal à régler cette histoire de handicap insuffisant et de sauts de chaines
    la bise

  • jacqueline manissolle le 20.10.2016 à 9h10

    Jacqueline Boivin Mim toujours aussi bon dans l’écriture, on a l’impression d’être à tes côtés. J’ai hâte de vous retrouver à Santenay et de partager quelques moments avec vous. J’ai cru comprendre que votre prochain objectif avec Vance était le Vantoux prévu en 7 heures !!! j’y crois dur comme fer et j’aimerais être à l’arrivée pour vous féliciter. En attendant de vous revoir je vous embrasse tous les trois.

  • Mamoëlle le 20.10.2016 à 13h23

    Bizzz mon Mimi, un vrai rayon de soleil ton article.
    Heureuse de voir que le bon moral s’installe, de plus en plus souvent.
    Je pense fort à toi.
    Bisouxxx 🙂

    Mamoëlle

  • fanfan le 21.10.2016 à 13h25

    merci Michel pour ta 32ème (si je ne me trompe pas) aubade!
    tes billets me rappellent la pub pour la lingerie Aubade… tu te souviens : leçon N°1, puis n°2 etc….. merci pour ces belles leçons de vie qui nous donnent le mode d’emploi pour « vivre mieux dans nos corps et nos têtes ». C’est étrange que tes textes me renvoient à cet égrenage de leçons de séduction de l’univers de la lingerie féminine !Comme on dit : le conscient règne et l’inconscient gouverne. Sans doute ai je ressenti une plus grande source de vitalité dans « Beau fixe? », une certaine jouissance d’être avec les tiens, ta fille, sur tes terres en famille; d’être encore là malgré tout. J’ai entendu dire un jour sur France inter, un écrivain dont j’ai oublié le nom que « vivre c’est apprendre à mourir. » Finalement ce n’est pas faux . Notre vie est jonchée de « petites morts » (encore une référence ré-jouissante!) intimes que nous devons intégrer/digérer et nous font évoluer dans un certain sens. Il y a aussi les « grandes morts » qui nous poussent à changer d’états jusqu’à la peau. Celles là, elles sont rudes! mais quand tu les surmontent /les dépassent quelle victoire. Quant à « l’extra grande »… on a le temps d’en reparler puisque nous sommes de GRANDS LECTEURS. Alors ça, c’est la bonne et grande nouvelle de ton billet!!!
    un grand baiser sur ton front dégagé dans l’attente de la 33ème leçon!
    et merci pour la jolie photo de toi, ta fille et ton frère (je suppose) dans les vignes.

  • Isabelle de Marnes la Coquette le 24.10.2016 à 15h53

    Encore un long billet qui frappe au coeur !
    avec comme fond musical Pierre Lapointe, le quebecois aux  » joies répétitives ».

    Chacun de tes billets me touche ; des larmes ou des sourires retenus me surprennent chaque fois.
    Et toujours ce même sentiment d’admiration.

    Tu dis tout, tu partages tout, tu donnes tout.

    Te lire c’est comme lire ces textes qui nous dévoilent, qui expriment l’essentiel, le subtile, le vrai. Ce que l’on ressent et que l’on est incapable d’exprimer et même d’intellectualiser, devient alors évident. On en ressort grandi, plus riche, plus vrai, plus humain.
    Et bien sur tu n’oublies jamais d’être cynique, drôle, politisé, tendre, contemplatif
    C’est complet quoi…COMBO

    Admiration, respect, amitié et affection …
    ça fait beaucoup mais c’est sincère.

    Merci Mimi

  • Isa le 24.10.2016 à 20h27

    Plus je lis, plus je t’aime…
    On se voit bientôt pour notre déjeuner mensuel, dans ta superbe cantine du 6 eme!
    Des bises

  • Clacla BM le 03.11.2016 à 11h15

    Hello Mim, c’est du grand art, j’y prend un réel plaisir en plus d’avoir de tes news 😉 Contente (rassurée) de te savoir en meilleure forme et capable d’apprécier la vie tellement « autre » que tu as en 2e période. C’est gonflé tout de même de partager tout ça ! Merci pour toi. Mille bises et un gros rayon de soleil dombiste.

  • pierre1911 le 23.11.2016 à 13h38

    Salut Mitch?

    Au train où vont les choses, d’ici moins de 10 ans, il y aura des solutions techniques pour t’aider.
    Tu la lis comme moi cette révolution numérique qui vient de la base? Tu sais ce que des petites mains et des cerveaux imaginent pour palier à un membre manquant et qu’avec deux arduino une imprimante 3d ils te fabriquent un cybermembre.
    La recette qui m’épate et qui me fait dire que c’est une révolution, ce sont les deux ingrédients, c’est à dire l’avancé technologique ET le fait que ce soit des projets collectifs émanants d’inconnus. ça va bien changer la donne et ne suivra pas le chemin du grand business du médicament, car nous aurons le choix entre l’alternatif et l’officiel.
    Je ne pense pas te remonter le moral avec des octets, je crois avoir lu que tu avais ton saoul de haut le coeur; je te donne un peu de kerozen pour que ta flamme de faiblisse pas.

    Voilà cette aprem t’as rendez-vous avec un grand ami à moi pour un nouveau projet et j’espère que ça va marcher et ce transformer. Nos parlons souvent de toi, il me donne de tes nouvelles quand il t’a vu en réunion. Je lui donne l’autre coté du Mitch en lui parlant un peu de ce que tu dis ici.

    Allé zou, roulez jeunesse perdue, à Créteil mon bon!

  • Nono l'escargot le 28.11.2016 à 17h06

    Je viens régulièrement lire vos chroniques toujours bien pesées et bien enlevées. Un bonheur simple.
    Bravo pour votre courage, que nous, valides, n’avons même pas pour des choses souvent moins difficiles…
    A dans quelques mois, pour un prochain moment de bonheur !

  • Geneviève BARDON le 30.11.2016 à 10h59

    Bonjour Michel,
    J’ai régulièrement de tes nouvelles par JP, mais je suis vraiment contente de t’avoir vu avec le sourire sur le petit reportage de FR3.
    Bises

  • Morey le 28.01.2017 à 13h52

    Rien ne vaut la bourgogne… je l’ai toujours dit et je souhaite qu’elle te fasse toujours autant de bien
    J’espère pouvoir te rencontrer un jour au hasard de tes balades
    Grosses bises
    Bon week-end

  • Morey Sophie le 28.01.2017 à 13h54

    Je précise Sophie (ex Menage)….
    Pour que tu saches qui c’est

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