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Ce qui ne me tue pas…

1 octobre 2015

Ce qui me tue pas

… Me rendrait plus fort ?

Pas sûr !

Ce clin d’œil au dernier volet de Millénium, que j’ai dévoré en profitant des derniers rayons chauds de l’été, pour souligner que la citation un tantinet cliché de Nietzche ne s’applique pas vraiment au cas d’un blessé médullaire, devenu tétraplégique incomplet, de retour à la vie normale après 16 mois d’hospitalisation. Et pourtant, je me suis lancé tête baissée dans cette reconquête partielle de ma vie d’avant. Mais qu’est ce que c’est dur !

Dès mon retour en ville fin août, après cette transition bourguignonne salutaire, mon programme a été plutôt intense, comparé à la vacuité et la torpeur de mon dernier été à Henry Gabrielle.

Je devais tout d’abord assurer mon système de soins quotidiens. Ça n’a pas été simple mais le rituel est désormais en place. Matin et soir, je reçois la visite de différents(es) aides-soignants(es), à horaires plus ou moins fixes, pour des séances toilette, habillage/déshabillage et soins divers. Rien de très drôle en vérité, même si je commence à mieux connaître l’ensemble de l’équipe et développer certaines affinités. Penser que cette organisation, à l’instar des éboueurs ou du facteur puisse conférer au définitif me donne le vertige.

Acquérir suffisamment d’autonomie pour m’en dédouaner reste un objectif. Oui, mais comment ? Un projet un peu vague me trotte dans un coin de la tête. Une opération de la main droite, dite du « transfert nerveux » pourrait me permettre de retrouver une partie de la force et de la dextérité qui me font aujourd’hui défaut pour écrire, manger, taper sur un clavier, changer une couche, m’habiller… Why not, mais il y a encore beaucoup de questions en suspens à ce sujet : pourcentage de réussite, identification d’un chirurgien français maîtrisant cette technique, temps d’hospitalisation et de rééducation… Retourner à l’hôpital pour des semaines m’est presque aussi inenvisageable que de voir Nicolas Sarkozy gagner les primaires. J’ai d’ailleurs balayé le projet de retourner en hôpital de jour deux matinées par semaine. Hors de question ! Même mes séances kiné, pourtant potentiellement agréables, m’ennuient profondément.  Après plus d’un mois durant lequel j’ai appris à m’en passer, j’ai fini par trouver un cabinet non loin de chez moi. Mais tout y est définitivement trop petit : la rampe d’accès (infranchissable en fauteuil), la salle d’attente, la largeur des portes, la table où je m’allonge (très insecurisante), la durée des séances (parfois moins de 25 mn chrono). Même la motivation du praticien n’apparaît pas de taille. Je risque de mettre rapidement un terme à notre collaboration.

Mon deuxième chantier de rentrée était de retrouver le chemin du travail. Cela s’est fait assez naturellement. Après quelques visites de courtoisie façon stagiaire de 3ème, j’ai attaqué mon mi-temps thérapeutique depuis le 14 septembre. Un pur bonheur de retrouver tous les collègues de travail que je connaissais, ceux que je connaissais pas, les nombreux visiteurs (clients et fournisseurs) et la notion d’urgence. Certes, quand la horde de testostéroneux s’agite et part rouler ou courir vers 12h30, selon un rite que j’avais institué il y a bientôt 15 ans, je reste un peu figé derrière mon bureau… Pour le reste, je fais de mon mieux même si certains réglages vont être nécessaire pour être un peu plus efficace. Après une bonne journée au taf, durant laquelle je peux connaître quelques faiblesses passagères, je rentre souvent chez moi exsangue et je m’évanouis sous la couette dès 21h30, après le passage du fameux aide-soignant du soir.

L’idée initiale était de me rendre au bureau par mes propres moyens. C’est à dire prendre les transports en commun. Après 3 semaines durant lesquelles nous avons (merci qui ?) expérimenté différents lignes et horaires, j’ai rapidement fait la liste des trucs à éviter en fauteuil : heures de pointe, arrêts inaccessibles ou piègeux, lignes bondées, correspondances interminables…J’ai finalement jeté mon dévolu sur la ligne forte C9, plus accessible car moins fréquentée. Seuls défauts, une fréquence moindre, un itinéraire un peu longuet et des transferts fauteuil longs nécessitant une météo clémente. Lorsque vous prenez le bus en fauteuil roulant, disposer d’une place assise est la seule garantie que vous ayez. Pour le reste, c’est un peu l’aventure. Tout est possible le long des 600 m qui me séparent de l’arrêt de départ et des 1000 m nécessaires pour aller de l’arrêt d’arrivée jusqu’à la porte du bureau. Souvent, un véhicule garé sur le trottoir vous barre la route. Pas de temps inutile à perdre en indignation et en invective, il faut trouver un moyen rapide de descendre du trottoir pour contourner l’obstacle sans faire 200 m en arrière pour trouver un « bateau » franchissable. Car beaucoup de ces bateaux, qui permettent en outre de traverser les carrefours, s’avèrent de vraies galères à passer en fauteuil. Trop pentu, trop creusé, marche trop haute…Pour limiter les risques de chute (j’ai frôlé plusieurs fois le gros râteau), il vaut mieux parfois rouler sur la chaussée, c’est plus simple.

Ensuite, il faut pouvoir facilement monter et descendre du bus grâce à la plateforme rétractable dont disposent de nombreux véhicules. Parfois c’est assez simple, mais si le bus est trop haut ou le trottoir trop bas, ça devient impossible sans aide. Bonjour l’indépendance ! Une fois dans le bus, vous devez parfois vous imposer pour vous installer à l’unique place prévue pour les fauteuils, souvent squattée par des poussettes ou des djeunes en syndrome no life sur leur mobile. Quelle que soit la place, serrez vite les freins et accrochez-vous à un poteau, certains chauffeurs envoient du lourd. Mais globalement, je dois reconnaître que les gens sont plutôt, dans leur grande majorité et à ma non moins grande surprise, plutôt attentifs, compatissants, serviables et sympas. Ça sécurise un peu de savoir que l’on peut compter sur les autres. Tout cela n’est évidemment valable que si la météo est tempérée et sèche. L’hiver approchant, j’ai déposé un dossier pour obtenir un transport spécial Optibus, qui intervient à la demande, en porte à porte. C’est pratique, faut reconnaître, même si tout ça a un petit côté transport d’animaux de cirque, je trouve. Difficile de passer inaperçu.

Ne croyez pas que j’ai passé mon mois et demi de reprise au bureau et dans les transports en commun. J’ai fait des trucs de dingue. La foule m’indifférant, désormais, j’ai fait du shopping à la Part-Dieu (oui, oui) ;  j’ai traversé la gare de la Part-Dieu à une heure de grande affluence ; je suis allé deux fois à la médecine du travail prouver mon aptitude à la reprise d’une activité professionnelle et expliquer que je n’avais besoin de rien, merci ; j’ai passé un après-midi chez le notaire durant lequel j’ai rédigé un testament (on ne sait jamais), vendu et acheté une maison et me suis pacsé (ça, c’est fait !); j’ai même fait de l’hélicoptère au dessus du Massif du Mont Blanc, invité par les organisateurs de l’UTMB. J’apprends ce jour que le Népal étudie la possibilité d’interdire l’accès de l’Everest aux personnes handicapées. Pas grave, ça ne faisait pas partie de mes projets immédiats.
Et accessoirement, j’ai déménagé. Dans une ancienne vie, j’ai comptabilisé un nombre impressionnant de déménagements pour les autres. Celui-ci fut le moins actif du genre mais assurément le plus traumatisant. J’assistais, simple spectateur inutile, impuissant et hagard, à la dissolution matérielle de ma vie d’avant, l’atomisation d’une dizaine d’années de plénitude plutôt sympas. Seuls mes proches, qui assurent à mort, et les amis qui sont spontanément venus déballer les cartons de cette nouvelle vie, me donnent la force d’avancer. Alors j’avance…

Par Michel Sorine

Michel Sorine

Directeur associé

Sportif du dimanche et directeur de clientèle  la semaine, il est aussi concepteur-rédacteur à ses heures, ça le détend.

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Il y a 27 commentaires

  • arthurbaldur le 01.10.2015 à 16h30

    Hello Michel,
    Romain nous a dit que tu venais en bus lors de notre dernière réunion. Ca parait tellement galère ne serait ce que pour grimper à l’intérieur. Tu avais passé le permis, venir en bagnole n’est pas encore du domaine du possible ? Tu vas me dire, ce n’est pas simple de se garer du côté de Vauban …
    A+

  • Manero Sylvain le 01.10.2015 à 17h51

    Salut Michel,
    Je ne sais pas comment c’est vers ton boulot, mais tu vas bien nous dégoter un petit segment pour établir un record pendant le temps de midi 😉
    Sinon j’ai été content de te voir en photo sur l’UTMB, et maintenant je lis que tu as fait un tour en hélico, ça c’est cool 🙂
    A+ au plaisir de te lire !

  • Mamanpat le 01.10.2015 à 18h26

    Transmets-moi tes permanences à Extra, je n’ais désormais plus m’occasion d’aller trainer su les quais baskets aux pieds entre midi et 2 mais je pourrai passer pour une pause déjeuner !
    Bises

  • Agnès le 01.10.2015 à 18h38

    Salut Michel,
    Ben tu n’as pas chômé ces dernières semaines bravo!
    Je sens que tu vas adorer certains des chauffeurs optibus…
    J’espère que vous prenez vos marques dans votre nouvelle maison dont tu dois apprécier l’accessibilité.
    A bientôt!

  • Vincent le 01.10.2015 à 19h26

    Toujours un plaisir de lire de vos nouvelles. Une immense énergie dans ce corps endormi.

    Keep it up!

  • jacqueline le 02.10.2015 à 8h33

    Salut mon cousin,
    Que de choses en un mois et demi. J’ai appris par tes parents que tu étais bien installé.Surtout ce qui m’a fait plaisir, c’est qu’ils t’ont trouvé un visage reposé !!! Surprenant avec ta vie agitée. Chloé m’a envoyé la photo où vous êtes dans l’hélico au-dessus du Mont Blanc. Sacrée surprise pour toi mais tu as dû être aussi assez fatigué. Mais les bonnes émotions valent bien un peu de fatigue.
    Je compatis, les transports en commun, ce doit être une galère. Te connaissant tu vas bien trouver un moyen de gagner tes bureaux, quel que soit le temps. Et surtout se faire aider n’est pas interdit !!!!
    Santenay retrouve son calme après les vendanges, alors tu viens quand tu peux. J’ai hâte de voir les progrès de ta petite Agathe.
    Je te souhaite une bonne fin de semaine (au boulot) et t’embrasse ainsi que toute ta famille. A bientôt

  • jacqueline le 02.10.2015 à 8h38

    re-
    J’ai oublié de vous féliciter pour le pacs !!! bisous

  • GISELE le 02.10.2015 à 8h43

    Encore heureux que tu avances et de ce que j’ai vu et entendu tu ne vas pas si mal que ça bien au contraire je trouve que le retour à la vie active t’a drôlement boosté et l’on te retrouve comme avant, ce dernier blog est enfin positif et j’en suis ravie pour toi, merci d’avoir accordé 2 mots à Chloé elle est vraiment au top.
    Pour les transports as tu pensé à la bétaillère !!!!!!
    A bientôt pour de nouvelles aventures et surtout à bloc comme d’hab . Omar te fais des bises mais il a perdu son boulot préféré il est dégouté !!!!!!
    Biz biz Mimi et bravo d’avoir surmonté tout ça un vrai exemple pour nous tous
    Ta conscience

  • DELORE Alexandre le 03.10.2015 à 4h41

    « L’homme n’est jamais sublimement lui-même que devant l’adversité », citation du glaciologue Claude Lorius, dans la « Glace et le ciel », un documentaire de Luc Jacquet qui sort bientôt en salles. Un beau film qui fait réfléchir et que je suis sûr tu apprécieras. Bonne continuation

  • AlexBaudrand le 03.10.2015 à 5h52

    Content de lire d’aussi bonnes nouvelles. Le travail, il n’y a que ça de vrai !

  • Clacla BM le 03.10.2015 à 15h55

    Hello Mim,… pas facile cette nouvelle vie. Quand je te lis, je te suit dans ses méandres, ses couloirs étroits et ses couleurs vives. Je perçois ton énergie de vie incroyable et communicative, ton abattement aussi par moments, c’est sûr. Merci du cadeau que tu nous fais de partager tout ça, de notre place d’ignorant-tes bien portant-es, Merci de garder cette « fureur de vivre ». Je t’envoie la douceur d’un Stephan Eischer, de Feist découverte récemment, de Lou Doillon qui vient de sortir un album, puisqu’on dit que la musique adoucit les moeurs. Plein de choses pour toi Mim, je suis avec toi, à ma manière, du côté du coeur.

  • Philippe DUBOIS le 04.10.2015 à 10h47

    Bienvenue chez toi et avec nous. C’est reparti !

    Je pense à toi.

  • philkikou le 04.10.2015 à 22h06

    Un papouplégique dans la ville : quelle galère pour être autonome côté déplacement !!!
    Trouver le meilleur moyen pour aller au boulot, la bonne mise en place des aidants / soignants…tu avances, dans la difficulté, mais tu avances
    Pas parlé côté physique des problèmes que tu avais sur tes billets précédents, j’espère que c’est résolu et du passé…

    Bonne continuation dans ton combat ( boxe, boxe, boxe..dirait Nougaro ) et ta vie

  • Carinoubilinette le 08.10.2015 à 13h05

    Toujours aussi poignant témoignage… Les félicitations sont de rigueur : pacs, nouvelle maison, et… nouvelle vie!
    Bien amicalement

  • Sandrine le 08.10.2015 à 23h02

    Tous ces petits moments magiques
    De notre existence
    Qu on met dans des sacs plastique
    Et puisqu’on balance,
    Tout ce gaspi de nos coeurs qui battent
    Tous ces morceaux de nous qui partent,
    Y en avait plein le réservoir
    Au départ.
    On avance, on avance, on avance
    C est une évidence :
    On n a pas assez d essence
    Pour faire la route dans l autre sens.
    On avance.
    On avance, on avance, on avance.
    Tu vois pas tout ce qu on dépense. On avance.
    Faut pas qu on réfléchisse ni qu on pense.
    Il faut qu on avance.

    Continue sur cette route, c est la bonne !
    Je t embrasse. 😉

  • Clacla le 09.10.2015 à 16h58

    Bon Mimi, un conseil d’amie : choisis le transport spécial « animal de cirque » (je crois que maintenant tu sais gérer les soucis d’égo…) et garde un peu de fraîcheur pour les soirées en famille. C’est quand même pas maintenant que tu vas tomber dans le piège du métro/boulot/dodo !
    On se recentre sur les fondamentaux, vite, vite !
    Je t’embrasse.

  • le coach le 12.10.2015 à 13h47

    Bonjour Michel, tu pressentais que le retour en ville serait pénible et je constate que tu avais raison. C’est dommage d’en baver un peu moins physiquement ( j’espère ), mais d’être contrarié au quotidien par une foule de petits emmerdes. Bon, tu me diras que c’est un peu le lot commun. D’une certaine façon tu reviens dans la norme… Ça va te demander un peu de temps mais je suis sûr que tu vas trouver des stratagèmes , astuces, plans, système D, etc pour t’adapter. En tous cas je te vois beaucoup plus de chance de t’en sortir que Michel Houellebecq pour qui se rendre au supermarché pour faire ses courses , ne serait ce qu’une fois par semaine, demande un effort surhumain…

    Le coach (un peu démuni par rapport à cette problématique de guérilla urbaine)

  • Rochon le 16.10.2015 à 7h45

    Peu de personnes savent écrire sur l’importance de l’accessibilité qui permet finalement de vivre ensemble, vous si. Je suis bluffé par votre capacité à surmonter chaque épreuve avec une telle humilité. Et suis certain que votre force et votre intelligence aideront à meilleure intégration des moins veinards.

  • p le 21.10.2015 à 5h58

    « Rencontre » – Grand Corps Malade

    ….Un moment sur mon ch’min, j’ai rencontré le sport
    Un mec physique, un peu grande gueule mais auprès d’qui tu d’viens fort
    Pour des raisons techniques on a du s’quitter c’était dur
    Mais finalement c’est bien comme ça, puis l’sport ça donne des courbatures
    J’ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
    Elle prétendait qu’avec les mots on pouvait traverser les cieux
    J’lui ai dit j’t’ai d’jà croisée et franchement tu vaux pas l’coup
    On m’a parlé d’toi à l’école et t’avais l’air vraiment relou
    Mais la poésie a insisté et m’a rattrapé sous d’autres formes
    J’ai compris qu’elle était cool et qu’on pouvait braver ses normes
    J’lui ai d’mandé tu penses qu’on peux vivre ensemble ? J’crois qu’j’suis accroc
    Elle m’a dit t’inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop
    Puis j’ai rencontré la détresse et franchement elle m’a saoulé
    On a discuté vite fait mais rapidement je l’ai r’foulée
    Elle a plein d’certitudes sous ses grands airs plein d’tension
    Mais vous savez quoi ? La détresse, elle a pas d’conversations
    Un moment sur ma route j’ai rencontré l’amour
    J’lui ai dit tient tu tombes bien, j’veux t’parler d’puis toujours
    Dans l’absolu t’es une bonne idée mais dans les faits c’est un peu nul
    Tu pars en couille une fois sur deux faudrait qu’tu r’travaille ta formule
    L’amour m’a dit écoute petit ça fait des siècles que j’fais mon taff
    Alors tu m’parles sur un autre ton si tu veux pas t’manger des baffes
    Moi j’veux bien être gentille mais faut qu’chacun y mette du sien
    Les humains n’font aucun effort et moi j’suis pas un magicien
    On s’est embrouillé un p’tit moment et c’est là qu’j’me suis rendu compte
    Que l’amour était sympa mais que quand même il s’la raconte
    Puis il m’a dit qu’il d’vait partir, il avait des rendez-vous par centaine
    Que ce soir il d’vait diner chez sa d’mi-soeur : la haine
    Avant d’partir j’ai pas bien compris, il m’a conseillé d’y croire toujours
    Puis s’est éloigné sans s’retourner, c’était mes derniers mots d’amour
    J’suis content d’l’avoir connu, ça j’l’ai bien réalisé
    Et je sais qu’un d’ces quatre on s’ra amené à s’recroiser
    Un peu plu stard sur mon ch’min j’ai rencontré la tendresse
    Ce qui reste de l’amour derrière les barrières que le temps dresse
    Un peu plus tard sur mon ch’min j’ai rencontré la nostalgie
    La fiancée des bons souvenirs qu’on éclaire à la bougie
    Assez tôt sur mon parcours j’avais rencontré l’amitié
    Et jusqu’à c’jour, elle marche toujours à mes côtés
    Avec elle j’ma tape des barres et on connait pas la routine
    Maintenant c’est sûr, l’amitié, c’est vraiment ma meilleure copine
    J’ai rencontré l’avenir mais il est resté très mystérieux
    Il avait la voix déformée et un masque sur les yeux
    Pas moyen d’mieux l’connaitre, il m’a laissé aucune piste
    Je sais pas à quoi il r’semble mais au moins j’sais qu’il existe
    J’ai rencontré quelques peines, j’ai rencontré beaucoup d’joie
    C’est parfois une question d’chance, souvent une histoire de choix
    J’suis pas au bout d’mes surprises, là d’sus y’a aucun doute
    Et tous les jours je continue d’apprendre les codes de ma route

    C’était sur une grande route, j’marchais là d’puis des jours
    Voire des s’maines ou des mois, j’marchais là d’puis toujours
    Une route pleine de virage, des trajectoires qui dévient
    Un ch’min un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.

  • pierre1911 le 21.10.2015 à 8h52

    Hô les coeurs,

    J’ai eu de tes nouvelles par un ami qui était à la réunion de travail que tu menais concernant la Sainté Lyon. Il m’a dit ce que tes écrits, aussi précis qu’ils soient, ne savent pas forcément décrire, toute la force qui se dégage de ton être tes fesses clouées ou pas dans un fauteuil. Il a lu la flamme dans tes yeux, parfois voilée d’un nuage de doute, mais que la lumière est là.

    Je m’en réjouis avant tout pour toi et les tiens.

    A bientôt

    Pierre

  • le coach le 23.10.2015 à 7h40

    Bonjour Michel j’ai bien fait de passer te voir, hier, à ton bureau. Je suis arrivé avec un moral « moyen/ bas » et reparti en super forme. Pour tout te dire, je n’ai pas eu l’impression de rencontrer la personne qui a écrit le texte ci-dessus! Je savais que tu trouverais des stratagèmes pour régler les petit emmerdes du quotidien mais j’imaginais pas que ce serait aussi rapide. Avec mes questions sur ton état de santé j’avais (presque ) l’air con. En fait tu retrouves ta vocation initiale : remonter le moral de ton entourage. Y’a du boulot : en l’espace de 18 mois le moral de la nation ne s’est pas amélioré. Ok pour te coacher sur tes projets sportifs en suisse, en 2016, mais laisse moi un peu de temps pour m’informer sur tes nouveaux sports. J’ai le sentiment que tu repars pas mal en terme de qualité de vie. A mon avis t’es déjà repasser devant les 15 à 20 millions de français qui bossent , rentrent chez eux , regardent une connerie à la télé ( TV réalité, Plus belle la vie,etc) , se couchent et recommencent. Ce qui me frappe le plus dans ta nouvelle vie, c’est ta liberté d’esprit. Avant ton accident tu étais à 4800 mètres d’altitude. Maintenant tu flottes à 8000 mètres! Plutôt sympa dans un monde ( politique , médiatique, religieux , etc) qui se situe juste en dessous du niveau de la mer. Je sens qu’on va bien se marrer. Ton anecdote concernant ta proposition de descendre de ce bus archi bondé afin de laisser monter un handicapé est un bon début. La prochaine fois n’hésite pas à partir dans une diatribe pour fustiger « tous ces handicapés qui pourrissent la vie des gens normaux ». J’ai bien conscience qu’en racontant tout ça je suis en train de fusiller ton blog mais fallait bien que ça arrive !

  • fanfan le 23.10.2015 à 9h28

    bonjour Michel
    Comme d’habitude ta prose éblouissante est nourrissante. Tu devrais vraiment tenter la publication pour partager avec un plus grand nombre! Pour nous qui vivons confortablement sur nos deux pattes , la manière dont tu parles de la vie en fauteuil est très très instructive et touchante. Chaque fois que je croise quelqu’un en fauteuil j’ai une pensée pour toi…et un regard différent grâce à toi.
    La route est longue et difficile, çà on ne peut pas le nier mais tu avances et çà c’est top! tu nous donnes une grande leçon de vie et je t’en remercie encore et encore.
    Et je pargage le commentaire de Clacla sur le choix du transport spécial « animal de crique »!
    je t’embrasse très fort

  • fanfan le 23.10.2015 à 9h28

    bonjour Michel
    Comme d’habitude ta prose éblouissante est nourrissante. Tu devrais vraiment tenter la publication pour partager avec un plus grand nombre! Pour nous qui vivons confortablement sur nos deux pattes , la manière dont tu parles de la vie en fauteuil est très très instructive et touchante. Chaque fois que je croise quelqu’un en fauteuil j’ai une pensée pour toi…et un regard différent grâce à toi.
    La route est longue et difficile, çà on ne peut pas le nier mais tu avances et çà c’est top! tu nous donnes une grande leçon de vie et je t’en remercie encore et encore.
    Et je pargage le commentaire de Clacla sur le choix du transport spécial « animal de crique »!
    je t’embrasse très fort

  • Lidwine le 26.10.2015 à 0h11

    Hello Michel,

    Bon, on est plusieurs à partager cet avis : Optibus, c’est plutôt dans l’idée un chouette service, pas de raison de s’en priver, ça évite de perdre du temps et de l’énergie et de plutôt les consacrer à autre chose 🙂
    Je me réjouis que tu ais repris le boulot, j’ai vu sur Intermedia qu’Extra avait gagné la Fête des Lumières, chouette !
    Et comme je n’ai pas encore eu l’occas de venir voir vos nouveaux locaux, je vais m’inviter à déjeuner avec toi un de ces midis…

    A la semaine prochaine, vu qu’on se voit bientôt… J’ai bien fait de lire ton blog avant de venir, je ramènerai une bouteille pour arroser le PACS !!
    Bise

  • jacqueline le 28.10.2015 à 15h33

    Salut cousin,
    Quel dommage de vous avoir raté dimanche, mais bon, je devais installer Pauline dans de nouveaux meubles et ne pouvait repousser la date.
    J’ai eu de vos nouvelles et je sais que tout va bien. Par contre ne sois pas têtu et prend le ce bus, car j’ai appris que tu avais eu un « petit problème » alors laisse toi conduire pour aller au boulot. Tu nous as ouvert les yeux sur la difficulté de cohabiter et crois moi il n’y a pas un jour ou je ne pense à toi et ou je suis prête à aider une personne en fauteuil. Car comme beaucoup je n’étais pas indifférente mais mon regard survolait ces personnes, (pourtant nous avons connu tous les deux bien des cas difficiles) alors tu vois tu nous rend meilleurs .

    Ta fille au piano une petite merveille, elle doit t’apporter beaucoup de force.
    A Chloé, Agathe et toi j’envoie de très gros bisous.

  • Sauvé le 09.11.2015 à 12h39

    Bonjour, c’était bien de vous voir a l arrivée du lut.
    Au revoir.
    Cyr

  • Jean Claude MOUTON le 11.02.2016 à 22h56

    Salut !

    Qu’est ce que vous vous emm…à aller chez le KINE ? Moi , simple paraplégique mais surbooké , je fais venir le kiné ( qui médicalement ne sert pas à grand chose , mais a toujours , depuis 25 ans , la petite blague à raconter )
    idem pour le coiffeur
    Pour le dentiste je vais m’inspirer de Louis de FUNES dans l »‘aile ou la cuisse  »
    A une occasion de se voir
    Je peux vous inviter ? ( 200 rue André Philip ) ?

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